Vincent Bolloré

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Vincent Bolloré, né le 1er avril 1952 à Boulogne-Billancourt, est un industriel et milliardaire français, huitième fortune française (plus de 10 milliards de dollars), héritier d'une dynastie d'industriels bretons liés depuis 1822 aux papeteries d'Odet. Président du Groupe Bolloré et du conseil de surveillance de Vivendi jusqu'en avril 2023, où il passe officiellement la main à ses fils Yannick et Cyrille, il est décrit comme tirant encore officieusement les ficelles de son empire. À partir des années 2000, il constitue un empire médiatique tentaculaire — CNews, Europe 1, JDD, Canal+, C8, Prisma Media, CNews, Havas, CSA, Éditions Grasset, et une participation dans Prisa (El País) — décrit par Le Monde (2021) comme « mobilisé pour peser sur la présidentielle » en faveur de l'extrême droite. Il orchestre personnellement avec Éric Ciotti l'annonce de l'alliance LR-RN lors des législatives de 2024 selon Vert. Catholique conservateur breton, proche de Philippe de Villiers et Bernard Arnault, il emploie depuis 2023 le militant néonazi Marc de Cacqueray-Valménier (chef de file du GUD dissous) dans une société de gardiennage de son île bretonne. Il fait face à plusieurs procédures judiciaires pour corruption en Afrique (Togo, Guinée) et à un procès prévu fin 2026.

  1. Obtient lors du lancement de la TNT sa première chaîne de télévision, Direct 8, amorçant sa stratégie d'emprise sur les médias français.

  2. Prend le contrôle de Vivendi, géant des médias et des télécommunications, dont il restructure progressivement les actifs médiatiques pour en faire le cœur de son empire éditorial et audiovisuel.

  3. Mis en examen pour complicité de corruption dans le cadre de ses activités portuaires en Afrique (Togo et Guinée), notamment pour avoir obtenu des concessions portuaires contre des services de communication politique fournis à des chefs d'État. Il reconnaîtra sa responsabilité et conclura un accord avec la justice française.

  4. Marc de Cacqueray-Valménier, chef de file du GUD dissous, militant néonazi impliqué dans deux affaires judiciaires, est employé dans une société de gardiennage assurant la sécurité d'une île bretonne appartenant à Bolloré.

  5. Nomme Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles, à la tête du Journal du dimanche, provoquant une grève historique de l'ensemble de la rédaction qui dénonce une « ligne éditoriale d'extrême droite ». La grève dure plusieurs semaines avant que la quasi-totalité de la rédaction démissionne.

  6. Orchestre personnellement avec Éric Ciotti l'annonce du ralliement de ce dernier au RN lors des législatives anticipées. Vert relève que « les médias Bolloré avaient fait campagne jusqu'au bout pour le Rassemblement national ».

  7. Participe via la Compagnie de l'Odet au rachat de l'École supérieure de journalisme de Paris (ESJ). L'historien de la presse Alexis Lévrier déclare qu'il s'agit de « former ses propres journalistes dans le cadre d'un projet idéologique global qui consiste à porter l'extrême droite à la tête de l'État ».

  8. Une centaine d'organisations antifascistes lancent des journées d'actions pour « désarmer l'empire Bolloré » dans toute la France, dénonçant la « fascisation de la France » et son enrichissement par le « pillage colonial ».

  9. Après le rapprochement des États-Unis et de la Russie, les médias du groupe (CNews, JDD, Europe 1) adoptent selon plusieurs observateurs une position favorable à la Russie, déclenchant une polémique sur leur indépendance éditoriale.

  10. Plus de 170 auteurs quittent les éditions Grasset après le licenciement de leur directeur Olivier Nora, attribué à l'ingérence de Bolloré. Une pétition réunit 300 auteurs appelant à une « clause de conscience » dans l'édition. Bolloré s'en étonne dans le JDD, dénonçant « une petite caste qui se croit au-dessus de tout ».

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