Philippe Pétain

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Philippe Pétain, né le 24 avril 1856 à Cauchy-à-la-Tour (Pas-de-Calais) et mort le 23 juillet 1951 à Port-Joinville (île d'Yeu), est un militaire et homme d'État français, Maréchal de France et chef du régime de Vichy (1940-1944). Héros de la bataille de Verdun (1916), commandant en chef des armées françaises en 1917-1918, il incarne le prestige militaire de la France entre les deux guerres. Nommé chef du gouvernement le 16 juin 1940, il signe l'armistice avec l'Allemagne le 22 juin 1940 et obtient les pleins pouvoirs de l'Assemblée nationale le 10 juillet (569 voix contre 80), mettant fin à la IIIe République. À la tête de l'État français, sous la devise « Travail, Famille, Patrie », il instaure un régime autoritaire, antisémite et collaborationniste, promulgue des lois antisémites dès août-octobre 1940, soutient la Milice française de Darnand et renonce à condamner les déportations de Juifs. Déclaré « illégitime, nul et non avenu » par de Gaulle à la Libération, il est condamné à mort par la Haute Cour de justice le 15 août 1945, peine commuée en détention perpétuelle par de Gaulle. Il meurt en captivité au fort de Pierre-Levée, sur l'île d'Yeu, à 95 ans.

  1. Signe l'armistice avec l'Allemagne nazie à Rethondes, mettant fin aux combats. La France est divisée en zone occupée et zone libre, avec le gouvernement installé à Vichy.

  2. Obtient les pleins pouvoirs constituants par vote de l'Assemblée nationale réunie à Vichy (569 voix pour, 80 contre). La IIIe République est de fait abolie, remplacée par l'État français.

  3. Promulgue les statuts des Juifs, législation antisémite excluant les Juifs de la fonction publique, de l'armée, de la presse et de nombreuses professions, sans attendre d'injonction allemande — initiative propre du régime de Vichy.

  4. Rencontre Adolf Hitler à Montoire-sur-le-Loir, poignée de main emblématique scellant publiquement la politique de collaboration avec le IIIe Reich. Pétain déclare ensuite à la radio : « C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française que j'entre dans la voie de la collaboration. »

  5. La rafle du Vél' d'Hiv' (16-17 juillet 1942) : la police française, sous autorité du régime de Vichy, arrête 13 152 Juifs à Paris, dont 4 115 enfants, livrés aux Allemands pour déportation vers les camps d'extermination. Pétain ne s'y oppose pas.

  6. Cautionne la création de la Milice française par Pierre Laval et Joseph Darnand, organisation paramilitaire supplétive de la Gestapo chargée de traquer résistants, Juifs et réfractaires au STO.

  7. Ouverture de son procès devant la Haute Cour de justice. Pétain refuse de prendre la parole et se contente d'une déclaration liminaire. Le 15 août, il est déclaré coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison, condamné à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens. De Gaulle commue la peine en détention perpétuelle en raison de son grand âge.

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