Milice française

Historique

Faits / actions

La Milice française, généralement appelée la Milice, est une organisation politique et paramilitaire française créée le 30 janvier 1943 par le régime de Vichy, sous l'impulsion d'Adolf Hitler adressée à Pierre Laval en décembre 1942. Chef nominal : Pierre Laval ; véritable chef opérationnel : Joseph Darnand, officier Waffen-SS, fondateur du Service d'ordre légionnaire (SOL, 1941) dont la Milice est l'héritière directe. Supplétive de la Gestapo, elle est composée d'environ 30 000 membres (dont 15 000 actifs), reconnaissables à leur uniforme noir et leur béret frappé du gamma grec. Ouvertement fasciste, antisémite, anticommuniste et antirépublicaine, elle se rend tristement célèbre par sa participation aux rafles de Juifs, à la traque des résistants et réfractaires au STO, ainsi qu'à des tortures et exécutions sommaires. Les historiens Robert Paxton et Jean-Pierre Azéma voient dans sa montée en puissance la « fascisation finale du régime de Vichy » et l'avènement d'un « État milicien ». Dissoute à la Libération, ses chefs sont jugés et plusieurs exécutés, dont Darnand fusillé le 10 octobre 1945.

  1. Création officielle par la loi n°63 du gouvernement de Vichy, en réponse à une exigence d'Hitler face à la progression de la Résistance. Elle absorbe le Service d'ordre légionnaire (SOL) fondé par Joseph Darnand en 1941.

  2. Constitution de la Franc-Garde, bras armé de la Milice portant l'uniforme, organisée en unités paramilitaires opérant sur l'ensemble du territoire occupé et en zone libre.

  3. Joseph Darnand devient secrétaire général au Maintien de l'ordre, puis secrétaire d'État à l'Intérieur en juin 1944, consacrant l'avènement d'un « État milicien » selon les historiens. La Milice instaure des cours martiales expéditives contre les résistants, sans garantie juridique.

  4. Massacre de Saint-Amand-Montrond : des miliciens assassinent plus de 80 civils, dont des Juifs, dont les cadavres sont retrouvés dans un puits. L'un des crimes de masse les plus documentés perpétrés par la Milice.

  5. À la Libération, les miliciens fuient en Allemagne. Nombre d'entre eux sont affectés à la Waffen-SS (division Charlemagne), dont Léon Gaultier. Les chefs miliciens participent au gouvernement en exil de Sigmaringen.

  6. Joseph Darnand est jugé, condamné à mort et fusillé au fort de Châtillon (Fontenay-aux-Roses). D'autres responsables de la Milice sont également condamnés lors de l'épuration judiciaire d'après-guerre, dont Paul Touvier, dernier Français condamné pour crimes contre l'humanité, en 1994.

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